Oui. Au Maroc, aucun verre correcteur ne peut être délivré sans ordonnance d'un médecin à un enfant de moins de 16 ans. Ce n'est pas une règle propre à un magasin : c'est le texte qui réglemente la profession d'opticien-lunetier, publié au Bulletin officiel du 5 novembre 1954 et toujours diffusé par le Secrétariat Général du Gouvernement [SGG]. Concrètement : vous consultez d'abord un ophtalmologue, puis vous venez chez l'opticien avec l'ordonnance. Cette page explique pourquoi, ce que dit le texte, et ce qui se passe dans les autres cas.
Faut-il une ordonnance pour les lunettes d'un enfant au Maroc ?
Oui, avant 16 ans, sans exception. L'article 5 du dahir réglementant la profession d'opticien-lunetier dispose qu'aucun verre correcteur ne peut être délivré sans ordonnance d'un médecin pour les sujets de moins de seize ans. Un opticien qui équiperait un enfant sans ordonnance serait en infraction.
C'est aussi la réponse la plus utile pour un parent : inutile de faire le tour des magasins, la règle est la même partout au Maroc. La première démarche est la consultation, pas l'achat.
💡 Attention à une idée fausse qui circule : on lit parfois sur les réseaux sociaux et dans des groupes de discussion qu'« au Maroc, pas besoin de prescription ». C'est inexact pour un enfant de moins de 16 ans, et cela peut conduire à équiper un enfant sur une mesure approximative, sans qu'aucun médecin n'ait examiné ses yeux.
Que dit exactement la réglementation marocaine ?
Le texte de référence est le dahir du 5 Safar 1374, publié au Bulletin officiel du 5 novembre 1954, qui réglemente l'exercice de la profession d'opticien-lunetier détaillant. Son article 5 fixe les cas où l'ordonnance médicale est obligatoire, et son texte est consultable en ligne sur le site du Secrétariat Général du Gouvernement.
L'article 5 énonce qu'aucun verre correcteur ne peut être délivré sans ordonnance d'un médecin dans les cas suivants :
- a) Sujets de moins de seize ans ;
- b) Acuité inférieure ou égale à 6/10 après correction ;
- c) Amétropies fortes, presbyopies en discordance manifeste avec l'âge.
Le même article précise que « la méthode subjective est la seule autorisée pour les opticiens lunetiers ». Autrement dit, la loi elle-même distingue nettement l'examen médical, qui relève de l'ophtalmologue, du travail de l'opticien.
Précision utile : ce texte est ancien et une réforme du cadre des professions de santé, portée par le projet de loi 45-13, est discutée depuis plusieurs années. À ce jour, le dahir de 1954 reste le texte publié par le Secrétariat Général du Gouvernement comme réglementant la profession.
Dans quels autres cas l'ordonnance est-elle obligatoire ?
Au-delà de l'âge, deux autres situations imposent l'ordonnance : une acuité visuelle inférieure ou égale à 6/10 même après correction, et les fortes amétropies ainsi que les presbyties manifestement incohérentes avec l'âge de la personne. Ces cas concernent aussi les adultes.
La logique est la même dans les trois cas : lorsque la situation visuelle sort de l'ordinaire, elle doit être examinée par un médecin, parce qu'une correction optique peut masquer un problème qui n'est pas optique.
Pourquoi un opticien ne peut-il pas remplacer l'ophtalmologue pour un enfant ?
Parce que l'enjeu chez l'enfant dépasse la mesure d'une correction. Certaines situations fréquentes — amblyopie (œil paresseux), strabisme, différence importante entre les deux yeux — se dépistent lors d'un examen médical et non par une simple mesure de la vue. Elles se traitent d'autant mieux qu'elles sont prises tôt, pendant la croissance.
Un enfant, par ailleurs, ne se plaint presque jamais : n'ayant pas de point de comparaison, il suppose que tout le monde voit comme lui. C'est le parent qui remarque qu'il se rapproche du tableau, plisse les yeux, perd sa ligne en lisant ou se plaint de maux de tête en fin de journée.
Notre métier commence après : traduire l'ordonnance en un équipement qui tient dans la vie réelle d'un enfant.
Que se passe-t-il si vous venez sans ordonnance ?
Pour un enfant de moins de 16 ans, nous ne pouvons pas réaliser de verres correcteurs sans ordonnance : la réglementation ne nous en laisse pas la possibilité. Nous vous orientons alors vers une consultation d'ophtalmologie, et nous restons disponibles pour toutes les questions qui ne dépendent pas d'une prescription.
Ce que nous pouvons faire sans ordonnance, en revanche :
- ajuster, resserrer ou réparer une monture existante ;
- remplacer des plaquettes, des vis, des branches ;
- vérifier que les lunettes actuelles sont encore à la bonne taille et bien centrées ;
- vous conseiller sur le choix d'une monture, en prévision de l'ordonnance ;
- équiper en solaire non correcteur.
L'ordonnance sert-elle aussi au remboursement CNSS ou CNOPS ?
Oui. Indépendamment de l'obligation légale, l'ordonnance est la pièce de base du dossier de remboursement : les organismes de couverture demandent une prescription établie par un médecin pour prendre en charge des verres correcteurs. Sans elle, la demande n'aboutit pas, même pour un adulte.
Cela signifie qu'une même consultation règle deux choses à la fois : elle rend l'équipement possible et elle ouvre la voie au remboursement. Nous détaillons les démarches dans notre guide du remboursement des lunettes au Maroc (CNSS, CNOPS, AMO).
Combien de temps une ordonnance reste-t-elle valable ?
Le dahir de 1954 ne fixe pas de durée de validité pour l'ordonnance. Il n'existe donc pas, au Maroc, d'équivalent direct des règles de validité en vigueur dans d'autres pays. En pratique, la question se pose surtout pour les enfants, dont la vue change vite.
Notre observation en boutique est simple : chez un enfant en croissance, une ordonnance de plus d'un an mérite d'être revue avant de commander de nouveaux verres, parce que la correction a souvent évolué entre-temps. C'est un conseil pratique d'opticien, pas une règle de droit.
💡 À retenir : l'ordonnance conditionne trois choses — le droit de délivrer les verres avant 16 ans, la justesse de la correction, et la possibilité d'un remboursement. Une seule consultation débloque les trois.
Voir aussi : écrans et myopie chez les jeunes • la myopie de l'enfant • comment lire une ordonnance de lunettes • nos lunettes enfant • nous contacter
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Lamtioui Optique ne réalise pas d'examen de vue et n'établit aucune prescription : ces actes relèvent de l'ophtalmologue. Nous n'orientons vers aucun cabinet en particulier, et nous ne nous prononçons jamais sur un diagnostic.
Ce que nous faisons, à partir de l'ordonnance : le choix des verres adaptés à l'âge et à l'usage, le choix d'une monture qui tient réellement sur le visage d'un enfant, le centrage, le montage dans notre atelier, l'ajustage, puis le suivi dans les mois qui suivent. Pour les enfants dont la myopie évolue, nous proposons également des verres de freination.
Lamtioui Optique — 6 avenue Lalla Meriem, résidence Imam Malik, Fès. Du lundi au samedi, de 9h à 19h. Téléphone : 05 35 93 25 13. Formation IORT Bruxelles (Belgique), plus de 25 ans de pratique.
Sources et références
- Secrétariat Général du Gouvernement — Exercice de la profession d'opticien-lunetier au Maroc (dahir du 5 Safar 1374, B.O. du 5 novembre 1954), article 5
- Secrétariat Général du Gouvernement — Professions réglementées
- CNOPS — Dispositifs médicaux et conditions de prise en charge
- OMS — Premier rapport mondial sur la vision
